Tickets de restaurant, reçus de pĂ©age, factures au nom de lâentreprise ou dĂ©penses rĂ©glĂ©es personnellement : beaucoup dâentreprises pensent que les notes de frais sont peu concernĂ©es par la rĂ©forme de la facturation Ă©lectronique. En rĂ©alitĂ©, tout dĂ©pend du type de dĂ©pense et surtout du justificatif obtenu par le collaborateur.
Dans certains cas, le fonctionnement restera presque identique. Dans dâautres, la facture sera directement transmise Ă lâentreprise par lâintermĂ©diaire de sa Plateforme Agréée. Voici les principaux cas Ă connaĂźtre.
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Cas n° 1 : une facture est Ă©tablie au nom de lâentreprise
Il sâagit du cas le plus directement impactĂ© par la rĂ©forme.
Un collaborateur effectue une dĂ©pense professionnelle et demande au fournisseur dâĂ©tablir une facture au nom de son entreprise.
Lorsque lâopĂ©ration entre dans le champ de la facturation Ă©lectronique, le fournisseur Ă©met cette facture par lâintermĂ©diaire de sa Plateforme Agréée. Elle est ensuite automatiquement acheminĂ©e vers la plateforme choisie par lâentreprise cliente.
La facture nâa donc plus besoin dâĂȘtre envoyĂ©e manuellement par e-mail ou transmise par le collaborateur sous la forme dâun simple PDF.
Le collaborateur doit nĂ©anmoins signaler la dĂ©pense Ă son entreprise, notamment lorsquâil a avancĂ© le paiement avec son compte personnel. Lâentreprise peut ainsi organiser son remboursement et Ă©viter de payer une seconde fois le fournisseur.
Ce circuit peut notamment concerner :
une facture dâhĂŽtel ;
un repas professionnel ;
une facture de carburant ;
lâachat de fournitures ;
une prestation ponctuelle ;
un abonnement professionnel.
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Cas n° 2 : le collaborateur reçoit un ticket de caisse
Lorsquâun collaborateur rĂ©alise un achat et obtient uniquement un ticket de caisse, le fonctionnement ne change pas immĂ©diatement.
Le collaborateur continue Ă :
conserver ou photographier son ticket ;
déclarer sa dépense ;
transmettre le justificatif ;
attendre sa validation ;
obtenir son remboursement selon les rĂšgles de lâentreprise.
Un ticket de caisse inférieur à 150 euros ne devient pas automatiquement une facture électronique.
Pour que la dĂ©pense entre dans le circuit de lâe-invoicing, le fournisseur doit Ă©tablir une vĂ©ritable facture au nom de lâentreprise.
Le fait dâutiliser une carte bancaire professionnelle ne suffit pas Ă transformer le ticket en facture Ă©lectronique.
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Cas n° 3 : les frais de péage et de stationnement
Les pĂ©ages, parkings et autres dĂ©penses rĂ©alisĂ©es auprĂšs dâun automate constituent un cas particulier.
Il nâest pas toujours possible, au moment du paiement, de communiquer lâensemble des informations nĂ©cessaires Ă lâĂ©tablissement dâune facture Ă©lectronique au nom de lâentreprise.
Dans cette situation, le fonctionnement reste globalement identique, y compris pour les reçus supérieurs à 150 euros.
Le collaborateur conserve le ticket ou le reçu et le transmet selon le circuit habituel de gestion des notes de frais ou des dépenses effectuées avec une carte professionnelle.
Pour permettre la rĂ©cupĂ©ration de la TVA lorsquâelle est autorisĂ©e, lâentreprise peut ĂȘtre amenĂ©e Ă complĂ©ter le justificatif avec certaines informations, comme :
son identité ;
le véhicule concerné ;
le nom de lâutilisateur ;
lâobjet du dĂ©placement.
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Cas n° 4 : les frais de restaurant
La DGFiP distingue dĂ©sormais trois situations selon le moment oĂč le collaborateur prĂ©cise quâil dĂ©jeune dans un cadre professionnel.
Les rÚgles existantes restent inchangées :
jusquâĂ 150 ⏠HT, une note ou un ticket de restaurant peut permettre la rĂ©cupĂ©ration de la TVA, Ă condition quâil mentionne les montants HT, TTC, le taux et le montant de TVA, et que le client complĂšte la raison sociale et lâadresse de son entreprise ;
au-delĂ de 150 ⏠HT, une facture comportant lâensemble des mentions obligatoires est nĂ©cessaire.
4.a. le collaborateur ne signale pas quâil agit Ă titre professionnel
Le restaurateur considĂšre le collaborateur comme un particulier. Il lui remet un ticket de caisse, que celui-ci peut joindre Ă sa note de frais pour demander son remboursement.
LâopĂ©ration ne relĂšve alors pas de la facturation Ă©lectronique. Elle est dĂ©clarĂ©e par le restaurateur dans le cadre de lâe-reporting des transactions et des paiements.
Pour les frais de restauration infĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 150 ⏠HT, la doctrine fiscale prĂ©voit une tolĂ©rance permettant la rĂ©cupĂ©ration de la TVA si le justificatif comporte les informations nĂ©cessaires et si le client complĂšte lâidentification de son entreprise.
Au-delĂ de 150 ⏠HT, le ticket seul nâest pas suffisant pour permettre la rĂ©cupĂ©ration de la TVA. Une facture complĂšte doit ĂȘtre demandĂ©e.
4.b. : le collaborateur demande immĂ©diatement une facture au nom de lâentreprise
Le collaborateur indique au restaurateur quâil agit pour le compte de son entreprise et lui communique son adresse de facturation Ă©lectronique, au minimum son SIREN ou son SIRET.
LâopĂ©ration est alors considĂ©rĂ©e comme une transaction entre deux entreprises assujetties Ă la TVA. Le restaurateur doit Ă©mettre une facture Ă©lectronique Ă destination de lâentreprise.
Cette facture est transmise par lâintermĂ©diaire de la Plateforme Agréée choisie par lâentreprise et porte le statut « encaissĂ© », puisque le repas a dĂ©jĂ Ă©tĂ© payĂ©.
Si le collaborateur a avancĂ© la dĂ©pense, lâentreprise devra ensuite le rembourser et veiller Ă ne pas comptabiliser deux fois la facture : une fois Ă partir de la facture Ă©lectronique et une seconde fois Ă partir du justificatif joint Ă la note de frais.
Pour respecter le RGPD, le nom et le prĂ©nom du collaborateur nâont pas vocation Ă ĂȘtre transmis dans la facture Ă©lectronique. Un identifiant interne ou un matricule salariĂ© peut ĂȘtre utilisĂ© pour faciliter le rapprochement au sein de lâentreprise.
4.c. la facture au nom de lâentreprise est demandĂ©e aprĂšs le paiement
Le collaborateur ne prĂ©cise pas immĂ©diatement quâil agit Ă titre professionnel. Le restaurateur traite donc initialement la transaction comme une vente Ă un particulier et la transmet dans son e-reporting.
Lâentreprise peut nĂ©anmoins demander ultĂ©rieurement une facture Ă©lectronique, notamment afin de justifier la rĂ©cupĂ©ration de la TVA.
Le restaurateur peut alors Ă©mettre cette facture par lâintermĂ©diaire de sa Plateforme Agréée. Elle doit toutefois comporter la mention « TVA dĂ©jĂ collectĂ©e », afin dâĂ©viter que la base hors taxes et la TVA soient comptabilisĂ©es une seconde fois par lâadministration.
Ce quâil faut retenir pour les repas professionnels
Pour Ă©viter les rĂ©gularisations et simplifier le traitement de la dĂ©pense, le collaborateur a intĂ©rĂȘt Ă indiquer dĂšs le paiement quâil agit pour le compte de son entreprise et Ă demander une facture Ă son nom.
En pratique :
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jusquâĂ 150 ⏠HT, un ticket conforme et complĂ©tĂ© avec les coordonnĂ©es de lâentreprise peut rester acceptĂ© ;
au-delà de 150 ⏠HT, une facture complÚte est obligatoire ;
si la facture est demandĂ©e immĂ©diatement, elle est transmise directement Ă la Plateforme Agréée de lâentreprise ;
si elle est demandée aprÚs le paiement, elle doit porter la mention « TVA déjà collectée » ;
si le collaborateur ne demande aucune facture professionnelle, le ticket suit le circuit habituel de la note de frais.
En bref :
Pour les notes de frais, le principal changement intervient lorsquâune facture est Ă©tablie au nom de lâentreprise. Si lâopĂ©ration entre dans le champ de la rĂ©forme, cette facture doit ĂȘtre transmise par lâintermĂ©diaire dâune Plateforme Agréée et peut ĂȘtre directement rĂ©ceptionnĂ©e par lâentreprise.
Pour les simples tickets de caisse, ainsi que pour certains justificatifs dĂ©livrĂ©s par des pĂ©ages, parkings ou autres automates, le fonctionnement reste globalement identique. Le collaborateur continue Ă conserver son justificatif, Ă dĂ©clarer sa dĂ©pense et Ă demander son remboursement selon le processus interne de lâentreprise.
Dans le cas particulier des frais de restaurant, le traitement dĂ©pend du moment oĂč le collaborateur signale quâil agit pour le compte de son entreprise. JusquâĂ 150 ⏠HT, la note remise peut bĂ©nĂ©ficier de rĂšgles simplifiĂ©es : le collaborateur peut complĂ©ter lui-mĂȘme les coordonnĂ©es de son entreprise dans lâespace prĂ©vu. Au-delĂ de 150 ⏠HT, une facture comportant lâensemble des mentions obligatoires doit ĂȘtre demandĂ©e.

